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"L'homme
invisible" constitua une performance technique étonnante
pour l'époque (1933). Les effets spéciaux créés par John
P. Fulton pour le film de James Whale furent longtemps inégalés,
si bien qu on fit appel à lui pour tous les avatars ultérieurs
de l'homme invisible. "Le retour de l'homme invisible"
de Joë May (1940), "L'homme invisible contre la
Gestapo" d'Edwin L. Marin (1942), "Deux
nigauds contre l'homme invisible" de Charles Lamont
(1951).
Chaque version fut le même festival de truquages stupéfiants
où l'on voyait une cigarette s'allumer toute seule, une
bicyclette rouler sans personne pour la conduire, une chemise
ou un pantalon flotter dans l'espace, et des bandelettes se dérouler
sur du vide...
Le comédien Claude Rains, qui personnifia l'homme
invisible dans la version de 1933, ne fait entendre que sa
voix durant la presque totalité du film : ce n'est qu'au
dernier plan que l'on voit enfin apparaître son visage. Et ce
fut paradoxalement par ce rôle qu'il débuta sa prolifique
carrière au cinéma ! C’est d’ailleurs Boris Karloff qui
devait "incarner" l'homme invisible, mais y renonça
à cause de ce terrible handicap pour un acteur.
Un étrange personnage a élu domicile dans
une auberge d'un petit village de la campagne anglaise. Aucune
partie de son corps n'est visible : il porte des gants, son
visage est recouvert de bandelettes, des lunettes noires cachent
ses yeux. Les villageois craintifs, accompagnés d'un policier,
font irruption dans la chambre de l'étranger. Celui-ci déroule
alors ses bandelettes, quitte ses vêtements et... disparaît à
la vue de tous.
Le docteur Kemp prend connaissance de l'événement dans les
journaux. Nul doute ne subsiste : l'étrange personnage n'est
autre que Jack Griffin, l'assistant du docteur Cranley, disparu
mystérieusement depuis plusieurs semaines.
Soudain, dans son salon, Kemp sent une présence et entend une
voix : il s'agit de Griffin, qui a découvert le secret de
l'invisibilité et était à la recherche de l'antidote
lorsqu'il fut surpris par les villageois. Mais la drogue qu'il
s'est administrée agit sur son cerveau : mégalomane, Griffin
devient fou et somme Kemp de l'aider dans son projet de dominer
le monde.
Griffin fait régner la terreur – déraillement de trains,
pillages de banques – puis il assassine Kemp, qui a tenté de
le trahir... La police le recherche activement. Elle le surprend
enfin grâce aux traces de pas qu'il laisse dans la neige toute
fraîche. Blessé mortellement par une balle au cœur, Griffin.
étendu sur un lit d'hôpital, retrouve enfin son apparence
physique tandis que ses traits se figent dans la mort...
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