
Claude Rains was the invisible man
Claude Rains
1909 - 1971Comédien britannique né le 10 novembre 1889 à Londres, Claude Rains joue déjà sur une scène de théâtre à l'âge de 10 ans et contracte un engagement dans une troupe de Haymarket dès son adolescence. Il commence ainsi une vie itinérante, se produit en Australie puis aux États-Unis. Rentré en Angleterre en 1915, il est incorporé et combat en France, dans les tranchées où il sera gazé. Rendu à la vie civile, il se fait un nom, petit à petit, dans le théâtre londonien (Sir John Gielgud, dans ses mémoires, en parle comme d'un maître). Il devient aussi l'ami de George Bernard Shaw pour lequel il joue " The Devil's Disciple " et " Androclès et le Lion " (le grand auteur dramatique le choisira en 1946, pour créer le rôle de César dans César et Cléopâtre). À la fin des années vingt, il est également devenu célèbre à Broadway.
Son arrivée au cinéma se fait tardivement et dans des conditions paradoxales : à 46 ans, il est la vedette d'un film où il apparaît constamment le visage recouvert de bandelettes ; c'est en effet lui L'homme invisible de James Whale, et ce n'est qu'à la dernière séquence que l'on peut voir son visage quand il se meurt sur un lit d'hôpital...
En 1936, il signe un contrat de longue durée avec la Warner Bros. ; sa petite taille (1,65 m) le cantonne aux rôles de second plan, mais il va devenir un "méchant" particulièrement pittoresque dans les films d'aventures de la célèbre firme. Il tournera dix films sous la direction de Michael Curtiz, l'un des plus prolifiques cinéastes-maison, et s'opposera deux fois à Errol Flynn, en prince Jean l'usurpateur dans Les aventures de Robin des Bois et en ambassadeur d'Espagne auprès de la reine d'Angleterre dans L'aigle des mers. Auparavant, on l'a remarqué en sénateur corrompu dans M. Smith au Sénat de Frank Capra.
Claude Rains sait, à l'occasion, apporter de la diversité à ses créations : il est Napoléon III dans Juarez, compose un très attachant portrait de psychiatre dans Une femme cherche son destin ; et atteint le sommet de son art dans Casablanca avec le rôle de l'officier français vendu au gouvernement de Vichy et qui, sentant le vent tourner, saura très opportunément changer de camp. En 1941, il a opéré un bref retour au fantastique en incarnant le père de l'infortuné Larry Talbot dans Le loup-garou et en succédant à Lon Chaney dans un remake en couleurs du Fantôme de l'Opéra. En 1946, on se souviendra de lui en mari d'Ingrid Bergman tentant, sous la direction d'Hitchcock, d'empoisonner sa femme dans Les enchaïnés. Claude Rains a très peu tourné dans son pays natal. Parmi ses créations les plus appréciées en Angleterre, il faut retenir celles du mari jaloux des Amants passionnés et du petit employé criminel de L'homme qui regardait passer les trains, d'après Simenon. En 1959, dernier rôle fantastique : celui du professeur Challenger, héros de Conan Doyle découvrant Le monde perdu. Puis, après une brève apparition en diplomate spécialiste des affaires arabes dans Lawrence d'Arabie et en roi Hérode dans La plus grande histoire jamais contée , il se retire dans sa maison du New-Hampshire. Il y succombera à une hémorragie interne le 30 mai 1967, à l'âge de 85 ans.
Claude Rains laisse dans le cinéma une place inoccupée depuis sa disparition : celle d'un scélérat auréolé d'un certain panache et d'un charme ambigu ; voix mielleuse mais bien timbrée, manières délicates, maniant à la fois l'humour et le sarcasme, il reste le type du gentleman au comportement débonnaire sachant cacher sa fourberie et ses noirs desseins sous des abords doucereux. Il fut marié six fois et nommé quatre fois pour l'Oscar du meilleur second rôle (pour M. Smith au Sénat, Casablanca, Femme aimée est toujours jolie et Les enchaînés) sans jamais obtenir une seule fois la glorieuse récompense.Filmographie
1933 |
1944 |
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