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Quand on commença à ajouter une bande son aux
films, la Radio Corporation of America (connue de nos jours
sous le simple sigle RCA) jugea qu’elle destinée à
devenir le plus important producteur de « parlants ».
A cette fin, elle déposa le terme "Radio Picture"
qui était celui par lequel elle désignait ses films. Mais
il fallait aussi s’assurer que les salles passeraient tous
ses " Radio Pictures" et elle acheta donc bon
nombre de salles de cinéma. La chaîne de production de cinéma
et de Vaudeville " Keith-Albee-Orpheum"
souhaitant s’associer, naquit en octobre 1928 la
" Radio-Keith-Orpheum
Corporation", ou RKO. en abrégé (nul ne sait ce
qu’il advint d’Albee).
RKO continua sur cette lancée, pour connaître la
faillite durant une bonne partie des années 30. Elle trouva
bien le temps de sortir quelques films, au nombre desquels
quelques bons vieux films d’horreur de qualité, comme
"King Kong"
(1933) et "Le fils de King Kong" (1933).
Les années quarante connurent la première grande mauvaise
passe dans le genre du film d’horreur, en partie du fait
de la guerre mais aussi de ce qui s’avéra être une période
creuse sur le plan créatif. RKO était la seule à connaître
quelque succès. Elle sortit "La féline"(1942), "L'homme
léopard"(1943), "Vaudou" (1943)
ainsi que "L'île de la mort"(1945). Les années cinquante furent synonymes d’une
nouvelle ère de la production cinématographique, le film
d’horreur reprenant ses droits, quoiqu’on puisse souvent
noter des excursions dans le champ de la Science-fiction,
les deux genres affichant de nombreux points communs. C’était
l’époque de l’horreur atomique et des invasions des
Communistes, et avec la grande Peur Rouge, créatures
mutantes et extra-terrestres envahirent les écrans. Malgré
la sortie de nombreux bons films au cours des années, les
ennuis financiers guettaient toujours les studios RKO.
Le déclin commença en 1948 quand ils furent rachetés
par le magnat excentrique Howard Hugues, lequel finit par
les revendre à Lucille Ball & Desi Arnaz en 1957, ce
qui les rattacha à leurs « Studios Desilu ». En
fin de compte, RKO/Desilu fut absorbé par son puissant
voisin, les Studios Paramount, et l’ensemble fait
maintenant partie intégrante du portefeuille de la
Paramount. RKO subsista en tant que Corporation, vivant de
ses participations, jusque dans les années 80.
C’est à
présent la Turner Entertainment Company qui détient
l’ensemble des droits de la collection de Radio Pictures
RKO. Parmi les autres films produits par RKO on trouve
" Citizen Kane" (1941) d’Orson Welles,"La
vie est belle" (1946), "Les enchaînés"(1946)
d’Hitchcock, "Laurel et Hardy conscrits"
(1939) ou encore "Le fils de Sinbad"
(1955) de l’ancienne actrice de Vaudeville reconvertie en
strip-teaseuse Lili St. Cyr.
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